Bruay en Artois Pas de Calais. Fin des mines. Les poutres des chevalets rouillent. Fosse 6. Une bande de punks à crêtes squattent la salle des pendus en ruine. Ils écoutent le son pourri d’un radio-cassette.
Écho sépulcrale de la cathédrale romane en brique sans Christ. Suspendus aux câbles ils miment la mort et le passage vers le néant. La stéréo crache. Ian Curtis pose sa voix ténébreuse. Mélopée mélancolique embrumée. Comme à l’ Hacienda de Manchester.
Ian Curtis se déhanche une dernière fois. La lumière blanche des projos accentue la blancheur spectrale de son visage de fantôme. Décharges électriques de la musique, distorsions, larsens lui tordant l’épine dorsale. Transe chamanique post-industrielle. Crise épileptique ultime. Tout se consume ici bien au nord du 45ème parallèle en ces contrées lointaines, minières et Post industrielles, Manchester, Bruay en Artois même combat.
Bruay en Artois. Nous habitons dans une cité du quartier de la gare. 3 cubes et une barre d’HLM en béton posés sur des tapis de pelouse. Murs de petits carreaux façon mosaïques et crépis jaune, orange et blanc. Fenêtres identiques où se reflète le soleil d’avril qui carambole les nuages d’hiver laissant apparaître l’azur et faisant vibrer les peupliers. Nous sommes cernés par la brique rouge des corons. Cette citée est un îlot de verdure et de béton. Rouge brique tout contre gris béton.
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